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 Kya Tilin - l'art de tenir boutique

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MessageSujet: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Lun 6 Aoû 2012 - 21:27


Kya Tilin
featuring Fan Bing Bing

Ϫ Some information Ϫ
Bonjour! Je m'appelle Kya Tilin mais mes amis me surnomment …euh… Le temps nous le dira…. Je suis né(e) à Al-Jeit le 28 octobre et de ce fait j'ai donc 27 ans. Côté coeur, je suis ouverte à toute(s) proposition(s). J'appartiens au groupe Dessinateur et mon/mes pouvoir(s) est/sont l’art du Dessin, je suppose.

Ϫ Me in few words Ϫ
Je suis quelqu'un de curieuse , passionnée , exigeante, indomptable, tenace. Mais j'ai aussi des défauts, comme impulsive, rancunière, un peu mystérieuse, et manipulatrice sur les bords.



Ϫ You know everything about me Ϫ
Kya Tilin est une jeune femme de 27 ans au caractère bien trempé. Depuis peu elle a réalisé son rêve d’enfant ; tenir une petite boutique en plein cœur de sa ville natale. Toujours fidèle à elle-même, elle mène son affaire d’une main de maître. Elle accorde ainsi une très grande importance à son apparence, ce qui ravi ses clients tout en décimant ses économies. Malgré tout, cette jeune vendeuse n’en est pas pour autant dans le besoin et ses charmes savent toujours comment lui venir en aide.
Elle arbore jour après jour un style bien à elle qui ne la laisse pas inaperçue. Son teint clair et lumineux fait ressortir son regard marron et plein de malice. Ainsi, encadré par une longue chevelure brune tantôt soyeuse et soigneusement coiffée tantôt sauvage, son visage aux traits fins prend des airs mystérieux. En accord avec des tenues colorées et voyantes, Kya opte souvent pour un maquillage léger rehaussé par un peu de rouge sur ses lèvres gourmandes.
Cet excès de coquetterie est loin d’être en accord avec l’apparente misère régnant en maître dans sa boutique. Ce petit bâtiment qu’elle a réussi à dégotter ressemble de loin comme de près à l’antre d’une vieille sorcière. Que ce soit au rez-de-chaussée ; où les araignées et souris cohabitent en paix au milieu des meubles en bois vieillissant. Ou encore au premier étage ; la locataire devant se contenter d’un mobilier très réduit et rudimentaire. Je ne préfère maintenant pas vous parler des centimètres de poussière qui repose dans tout ce petit monde.


Ϫ I remember Ϫ
- Un beau matin pluvieux –

Alors que toute la capitale se cachait des trombes d’eau qui tombaient, un soupir consterné retentit dans une petite boutique des quartiers modestes.
- Mauvais temps, mauvaise journée et pas d’affaire !
Kya ne cessait de répéter cette phrase depuis tôt ce matin. Cela faisait maintenant des heures que son magasin était ouvert et le seul client qui avait daigné entrer ne semblait être là que pour lui faire des avances…
-…Je t’assure, continuait-il, je peux te trouver un bien meilleur job que ça… Rien qu’en jetant un coup d’œil, je peux t’assurer que tu as un sacré potentiel ! …
…Et blablabla… La jeune femme ne put retenir un soupir et s’affala, la tête dans les bras, sur son comptoir poussiéreux. Ce type n’arrêtait pas de parler, il lui faisait miroiter ses propositions louches depuis presque trois quarts d’heure ; lui assurant un avenir radieux dans les plus beaux endroits du pays…
-…non franchement tu aurais vu ça ! Tu serais impressionnée. Alors écoute, je te laisse deux trois jours pour réfléchir…
Nouveau soupir. Il n’y avait qu’un mot pour décrire ce type ; LOURD. Et si au moins il en profitait pour acheter quelque chose ! Mais non ! Alors que tout ses fidèles clients et clientes restaient à l’abri de la pluie chez eux, Kya n’avait d’autre choix que de patienter et de faire tout son possible pour ne pas craquer et mettre le Lourd à la porte. Le client est roi après tout…
La jeune femme, toujours assise à son comptoir se tourna alors vers la fenêtre. Des trombes d’eau tombaient dehors et venaient s’écraser violement contre les vitres de la boutique. Les yeux bruns de Kya restèrent alors figés sur cette vision.
« Il faisait le même temps… » se rappela-t-elle. « …ce jour là… »


- 26 ans auparavant–

La nuit était tombée depuis maintenant bien longtemps sur la capitale alavirienne. Chacun dormait paisiblement et seuls les murmures de quelques voyageurs nocturnes venaient troubler le silence. Tout semblait paisible.
Soudain une clameur s’éleva dans les rues d’un quartier modeste de la ville, suivie de « Houra », de rires et de musique. Certains passants sursautèrent avant de s’arrêter pour tenter de comprendre ce qu’il se passait. Les chants venaient d’une petite auberge encore ouverte malgré l’heure tardive. Un voyageur, intrigué par ce débordement de joie, laissa glisser un petit coup d’œil discret par les carreaux poussiéreux d’une fenêtre…
-JOYEUX ANNIVERSAIRE !!
…Le voyageur tressailli. C’était Arold, le père Tilin, que ça femme Mira tentait désespérément de calmer par tous les moyens... enfin… le grand-père plutôt ; un peu plus de 2 ans auparavant, son fils unique Etann s’était marié avec Amy, la séduisante fille d’un ami de la famille et une petite fille du nom de Kya était née de cette union. Toutes la famille, des amis ainsi que quelques clients fêtaient ainsi ce soir là le premier anniversaire de la jeune enfant. Tout sourire dans les bras de sa maman, Kya admirait en battant des bras le joli gâteau cuisiné pour l’occasion.
Un tableau presque parfait…

-2 ans plus tard –

Il faisait nuit et malgré cela une chaleur pesante régnait sur Al-Jeit. Seule dans la chambre sombre la petite Kya n’arrivait pas à dormir. Pourquoi papa et maman n’étaient-ils pas là ? Il était tard pourtant… Prudemment l’enfant se leva alors et marcha en direction de la porte. Elle pouvait distinctement voir la lueur chancelante d’une bougie filtrer par l’interstice entre la porte et le sol. Après avoir évité quelques obstacles elle arriva enfin au niveau de la lueur. Elle se mis sur la pointe des pieds et tendit son petit bras vers la poignée. Mais au moment où ses doigts la frôlèrent, la petite fille se figea. Un bruit sec venait de retentir. Comme le son d’une gifle…
Kya se détendit et tenta de capter un autre son. Elle entendit alors ses parents qui parlaient à voix basse, ils étaient juste derrière la porte. La petite fille ne comprenait pas exactement tout ce qu’ils disaient mais elle sentait le ton monter. Son cœur se mit à battre un peu plus vite…
« Pourquoi ils viennent pas ? Pourquoi ils me laissent toutes seules ? »
De petites larmes perlèrent au coin de ses yeux.
« Qu’est ce qu’il se passe ? Et… Et pourquoi maman pleure ? »
Sentant que quelque chose n’allait pas, Kya retourna rapidement dans son lit et se cacha sous les couvertures malgré la chaleur.

-le lendemain –

Lorsque Kya se leva, sa mère était à genou dans l’entrée et pleurait. Au bout de quelques secondes elle remarqua sa fille et se jeta sur elle pour l’enlacer tout en sanglotant. Elle continua ainsi à pleurer de nombreux jours… Papa n’était plus là.

- environ 4 ans plus tard –

La résidence de campagne rayonnait sous la chaleur bienveillante du soleil couchant. Dans le pré, des enfants jouaient à s’attraper. Ils étaient beaux, mignons, le teint frais et parés de vêtements richement décorés. Kya les regardait, assise contre un arbre. Elle avait 7 ans comme eux, elle aurait pu les rejoindre. Mais une différence de taille l’en empêchait ; ils étaient riches, soignés et pouvaient jouer sans se soucier de rien. Kya, elle, n’était pas pareille. Elle ne comprenait pas tout mais elle se savait différente ; ses vêtements n’avaient aucune broderie, aucune perle… Elle aurait aimé avoir des perles. De jolies petites perles brillantes et colorées… Mais sa maman ne pouvait pas lui en acheter. Parce qu’elle aussi était différente. Elle n’était pas comme les belles et riches maman de ces enfants là. Ces grandes dames au nom compliqué portaient souvent de magnifiques robes, mais sa maman ne portait que des tenues noires et blanches avec un tablier ; elle faisait le ménage pour les grandes dames. Elle recousait même des fois les perles…

Non vraiment Kya ne comprenait pas. Depuis que papa n’était plus là ce n’était plus pareil. Plus du tout. Elle et sa maman avaient du déménager pour pouvoir travailler chez la dame et sa famille. Il n’y avait plus d’amis, plus de voisins, plus de famille… Juste maman et elle.

-10 ans plus tard, le 28 octobre –

Tout le monde s’affairait dans la grande maison de campagne. Il était déjà si tard et tout restait encore à faire. Les domestiques se précipitaient dans les couloirs tandis que la maîtresse de maison, une grosse dame rougeaude boudinée dans sa robe à froufrous, lançait des ordres à tort et à travers en hurlant dans toute la demeure. Lorsque son mari bedonnant arriva à sa hauteur il tenta timidement un petit…
-Bonsoir ma colombe en sucre d’orge…
…Qui n’arriva sûrement pas jusqu’aux minuscules oreilles de sa femme. La jeune domestique qui passait par là ne put retenir un petit rire devant la scène. Cela faisait maintenant une semaine que sa gracieuse colombe Madame Wil’ Elgan préparait cette soirée. Elle avait invité toutes les grandes dames de sa connaissance à assister à un somptueux banquet avec pour but une «discussion féminine sur les problèmes de plus en plus important que connaissait le pays depuis un certain temps». Pour l’occasion elle avait ainsi fait redécorer son salon, commandé toutes sortes de met délicieux, le tout au frais de son chétif mari qui se sentait quelque peu mal à l’aise au milieu des nouvelles tapisseries roses et mauves tout juste posées.
-Ma petite puce de porcelaine…, tenta-il une nouvelle fois d’une voix de moins en moins assurée et craignant la colère de Madame, …Tout ce changement était-il vraiment nécessaire ? …Enfin si je puis…
-Oh ne commence pas ! le coupa-t-elle irritée. Je n’ai pas le temps de m’occuper de toi ! Aller ne traîne pas dans mes pattes !
-Bi-bien sûr ma cane, mon poussin, mon hirondelle, ma…
-OUST !! Ça suffi ! Va remuer ton double menton ailleurs, il fait des courants d’air !
Monsieur Wil’ Elgan se retira donc penaud dans ses appartements sans remarquer la jeune domestique qui tentait tant bien que mal de cacher son fou rire.
-KYYYYAA ! Petite insolente ! Peste des mauvais quartiers ! hurla la grande dame d’une voix strident. Que fais tu à glousser ici ?!! Où sont mes macarons !!! C’est l’heure des macarons !!
Kya Tilin s’était vivement retournée et arborait désormais un visage faussement sérieux.
-Pardonnez moi Madame douce et scintillante fleur des prés sous la rosée d’un matin de printemps…, déclamait la jeune domestique d’un ton grave, …mais vos sublimes macarons aux couleurs chatoyantes sortent à peine du four alors je craignais que vous n’eussiez la terrrrrrriiiible malchance de brûler votre gracieuse langue si fragile à l’approche de l’hiver…
Le visage de la grosse dame passa rapidement de son rouge habituel à une couleur très proche du violet et sembla se crisper. Pendant quelques secondes elle resta ainsi à se tordre de colère devant Kya qui se retenait de rire. Soudain toute la pression accumulée dans ce corps si grassouillet se libéra d’un seul coup en une série d’insultes et de jurons. La jeune fille s’enfui alors en courant dans un grand éclat de rire et se précipita dans une de ses cachettes préférée.
Arrivée au niveau d’un grand chêne au tronc noueux derrière la demeure, l’adolescente accéléra et en quelques appuis bien placés se retrouva au milieu des branches. Elle inspecta rapidement sa tenue…
« Parfait, pas même un petit accro ! »
Il fallait qu’elle fasse très attention, c’était sa seule tenue à peu près correct pour travailler, il ne fallait pas qu’elle l’abîme. Heureusement cet arbre était une de ses cachettes favorites depuis longtemps et elle avait l’habitude d’y grimper sans se salir. Ainsi après avoir disposé son tablier sur la plus grosse branche elle s’y allongea et se plongea dans ces pensées quelques instants. Elle entendit soudain qu’on appelait son nom.
-Kya ? Kya ! Ecoute je sais que tu es là !
La concernée se retourna alors.
-Maman ?
-Pas la peine de prendre cet air étonné jeune fille…
Kya ne répondit pas. Elle savait très bien de quoi voulait lui parler sa mère… C’était une belle femme, élégante au naturel à la silhouette fine et élancée. Sa mère aurait pu être une des plus ravissantes femmes de la région avec de vrais vêtements et si une longue cicatrice ne barrait pas sa joue gauche de façon si cruelle. Kya ne se savait d’ailleurs pas comment Amy, sa mère, se l’était faite, et pour une raison inconnue, elle n’avait jamais osée demander. Le fait est que cette maman, bien que charmante, avait un côté strict et autoritaire, et n’hésitait pas à aller droit au but lorsqu’elle savait ce qu’elle voulait… C’est donc ainsi qu’elle commença son sermon du jour.
-…Bon sang… Quand apprendras-tu à te tenir à carreau ?
-…
-Ecoute je sais que c’est difficile d’être au service de Madame Wil’ Elgan, mais nous n’avons pas le choix, il faut bien vivre. Et ici nous avons tout ce dont nous avons besoin, on ne peut pas partir comme ça, surtout avec ce qu’il s’est passé avec les Sentinelles… Tout le monde se méfie de tout le monde. Ici nous sommes en sécurité, nourries, logées et nous sommes ensemble. Que demander de plus ?
-Oui mais…
-Pas de mais ! Je veux que tu présentes tes excuses à Madame, et que tu lui apportes ses macarons. Elle va devenir folle sinon.
Kya se retourna contre sa branche d’arbre et fit la moue quelques instant avant de céder.
-D’accord je vais y aller… Mais je vois pas ce que ça change, elle est déjà folle !
Sa mère esquissa un sourire et après quelques secondes d’un silence gêné elle s’élança dans l’arbre en face de sa fille. L’étonnante facilité avec laquelle la femme était montée déconcerta quelque peu Kya. Mais l’adolescente n’eut pas le temps de faire une remarque, sa mère lui tendit un petit paquet noué par un joli ruban bleu comme un ciel de printemps. Elle embrassa ensuite délicatement la joue de la jeune fille et lui glissa quelques mots à l’oreille dans un doux murmure.
-Joyeux anniversaire ma chérie.
Enfin, sous le regard ému de sa fille, elle redescendit de l’arbre aussi agilement que pour y monter avant de lui adresser un sourire espiègle.
-Eh bien alors, ne me fixe pas comme ça ! Je suis monté dans des arbre avant toi je te signale !! Et je ne suis pas non plus une vieille dame toute rouillée !
Elles éclatèrent alors ensemble du même rire cristallin avant de se séparer.
Lorsqu’elle fut seule, Kya ouvrit délicatement le petit colis avec de grands yeux curieux. Elle y découvrit alors un magnifique petit gâteau aux fraises et au chocolat que sa maman avait fait.
-C’est mon préféré ! s’exclama la jeune fille, un sourire jusqu’aux oreilles dessiné sur son visage.
Elle le contempla avec des yeux pétillants, une foule de souvenirs remontant à la surface. Elle se rappela des anniversaires des deux fils de Madame. Ils avaient toujours plein de cadeaux et des bougies à ne plus savoir quoi en faire sur leur gâteau. Oui des bougies… Kya ne se souvenais pas de ses premiers anniversaires, lorsqu’ils étaient encore tous ensemble avec son père, mais elle se dit qu’il devait sûrement y avoir des bougies… Ou au moins une, pour faire un vœux. Oui une bougie à souffler. L’adolescente ferma les yeux et s’imagina avec toute sa famille devant cette petite part de gâteau avec une jolie bougie dessus.
« Bleue, se dit-elle, comme le ruban sur le paquet. Et en spirale aussi, qui se finirait en pointe au dessus, avec une magnifique flamme qui danserait sur la mèche. »
Les yeux clos, Kya s’imaginais cette scène dont elle aurait tant aimé profiter. Et puis cette bougie bleu qui lui semblait soudain si réel et si proche si chaleureuse… Finalement elle se décida enfin à sortir de sa rêverie, mais au moment où elle rouvrit les yeux, Kya sursauta et faillit lâcher le gâteau de surprise. En plein milieu du petit dessert, de la même couleur que le ruban, une petite bougie se dressait là, avec une jolie flamme dansant sur la pointe de la spiral. Kya ne comprenait pas. C’était la même que celle qu’elle avait imaginé, exactement la même. Se croyant devenue folle, elle approcha son doigt qui à son grand étonnement frôla la cire déjà chaude. Une immense joie réchauffa le cœur de la jeune fille. Elle prit alors une grande bouffée d’air et souffla sur la bougie qui se dissipa alors comme un nuage de fumée. Une petite larme coula sur la joue de Kya. Elle avait fait un vœu.

- 2 ans plus tard –

Tout s’était passé très rapidement après l’histoire de la bougie. Kya avait rapidement compris qu’elle possédait le Don, qu’elle était capable de Dessiner. Elle avait réessayé plusieurs fois et avait commencé à trouver un véritable intérêt à ce nouveau passe-temps ; que ce soit pour faire des farces à madame Wil’ Elgan ou simplement pour s’amuser. Ainsi, elle s’était des fois créée des bijoux scintillant et des robes de princesses. Mais elle avait rapidement trouvé que ses dessins manquaient cruellement de détails et de réalisme. Mais elle avait beau essayer de s’entraîner, seule elle n’arrivait pas à grand-chose. C’est ainsi qu’un soir, avant d’aller dormir, elle s’était décidée à en parler à sa mère. Ce soir là, en entamant la conversation Kya ne s’attendait pas réellement à se faire inscrire à l’Académie des Dessinateurs, ni même à ce que cette découverte change leur vie. Mais qui sait ? Peut-être avait-elle un peu espéré. Dans tout les cas, ce qui s’en suivi n’était clairement pas inscrit dans ces attentes et la choqua grandement. A peine eut-elle parlé de l’Art du Dessin que sa mère se figea. Les rares réponses qu’elle accorda à sa fille étaient froides et parfaitement opposées aux espérances de Kya. Et lorsque cette dernière tenta d’insister, sa mère entra dans une colère noire qui, pour la première fois, effraya la jeune fille. Dés lors, leurs relations devinrent tendues. Et, malgré les nombreuses interdictions de Amy, l’adolescente continua à pratiquer le Dessin en cachette.
Un matin, alors que le soleil apparaissait seulement à l’horizon, sa mère la surpris à dessiner. Kya tenta de se justifier, de s’excuser… Mais rien n’y fit, et lorsqu’elle hurla à sa mère que ce n’était pas juste, elle reçut une gifle, violente et impartiale, dénuée de compassion. La jeune fille s’enfuie alors en sanglotant laissant sa mère impassible. C’était la première fois qu’on la frappait, et l’idée que ce geste venait de sa mère d’ordinaire si douce lui était insupportable. Qu’est ce qui avait bien pu changer ? Pourquoi sa mère était-elle devenue si froide depuis qu’elle avait appris le don de sa fille ? Pourquoi ? Kya ne cessait de se poser cette question. Elle était assise sur un rocher au bord du long chemin menant à la demeure des Wil’ Elgan. Elle n’avait pas eu le courage de se rendre jusque dans une de ses cachettes. Elle savait que sa mère l’y trouverait sûrement de toute manière. Alors elle restait là, la tête dans ses mains. Elle aurait voulu se noyer dans ses larmes, disparaître…
-Je ferais mieux d’abandonner… murmura-t-elle entre deux sanglots.
-Ce serait une mauvaise idée. répondit soudainement une voix de vieillard.
Kya sursauta et se retrouva face à face avec un vieil homme souriant. Bien que maigre et assez petit, cet étrange personnage dégageait quelque chose qui laissa la jeune file bouche bée. Il portait des vêtements sales et déchirés ainsi qu’une barbe broussailleuse qui lui donnaient des allures d’ours mal léché. Mais malgré tout, cet homme imposait un certain respect sans qu’on ne sache vraiment pourquoi. La jeune fille était en train de se demander ce qu’il faisait ici lorsqu’elle se rendit compte qu’elle ne pleurait plus du tout et que cet énergumène avait occupé ses pensées ailleurs. Elle fut soudainement prise de curiosité et voulu en savoir plus sur lui…
-Euh… Dites moi Monsieur…
-Bibelot.
-Hein ?
-Bibelot !
-Bibelot ?
-Tu peux m’appeler Bibelot. insista-t-il, tout sourire.
-Euh très bien Monsieur…Euh…Bibelot. Et vous…
-Le lait !
-Hein ?
-Je suis là pour le lait.
-Vous êtes…
-Laitier oui.
-Mais vous avez…
-98 ans.
-Que… Quoi ? Mais c’est...
-Vieux, je sais. Mais j’aime le lait !
-Vous aimez le… ? Mais ? Enfin c’est que… Bah… je…Ok. D’accord. Mais pourquoi…
-Je trouvais dommage que tu veuille abandonner l’Art du Dessin.
-Quoi ?! Mais comment…
-Ça se voit, tu as l’aura d’une Dessinatrice.
-Mais… Euh… Je…
Complètement perdue, Kya se laissa entraîner dans une longue conversation avec le vieillard qui lui proposa soudain de lui enseigner l’art du dessin.
-Quoi ?! Mais vous êtes…
-Dessinateur.
-Mais… C’est… Enfin… Vous êtes…
-Vieux je sais. Mais j’aime aussi le Dessin.
-Mais… Vous… Enfin…Et puis zut ! Arrêter de me couper la parole à la fin !
Commençant à ne plus rien suivre du tout, Kya tenta de rassembler ses esprits. Elle était plongée dans une longue réflexion lorsqu’une lourde ardoise lui tomba sur la tête. Alors, tout en massant sa bosse naissante, elle ramassa l’objet tombé du ciel et y remarqua un petit dessin en forme de visage avec un sourire espiègle. Surprise la jeune fille releva la tête vers le vieil homme qui lui afficha le même visage avant que l’ardoise ne disparaisse.
C'est ainsi que commencèrent 2 longues années d'études à l’insu de tous, avec un professeur peu ordinaire. Mais tout ne dure pas.

- 4 ans plus tard –

Une pluie battante s’était abattue sur la campagne. Tout le monde était rentré à l’abri prés du feu. Tout le monde, ou presque. Loin de toute habitation, au sommet d’une colline, on pouvait distinguer une silhouette immobile. Elle était vêtue d’une robe bleue. Bleue comme un ciel de printemps. Un joli ruban de la même couleur nouait ses cheveux trempés. Et elle parlait, d’une voix calme et respectueuse. D’une voix qui aurait fait taire toute une assemblée. D’une voix triste et mélancolique. Elle tenait dans ses bras une bouteille de lait frais, tout juste achetée au marché. Et elle parlait. Elle parlait comme on déclame un poème. La chanson de ses mots flottait dans le vent et dansait avec les battements de la pluie.
-Me voilà une nouvelle fois avec toi Bibelot. Il y a bien un an. Mais cette fois-ci c’est la dernière fois. Si tu savais tout ce qu’il s’est passé. Cela a commencé il y a une paire d’année en fait. Petit à petit les économies familial des Wil’ Elgan ont commencé à s’effondrer, je ne sais pas dans quelles magouilles ils se sont embarqués et je ne tient pas à le savoir mais apparemment il y aurait un lien avec la guerre qui faisait rage à l’époque. Je pensais que outre le verrou Ts'lich, tous les problèmes étaient restés bien loin de notre petite campagne, mais j’avais tort. Si nous sommes resté loin des combats, les chantages et coup montés étaient bien là. Je ne suis pas vraiment au courant mais on dit que les Wil’ Elgan était du mauvais côté… En tout cas, Monsieur n’a pas supporté la pression. …Ou alors c’est sa femme qui ne le supportait plus. Le fait est qu’on l’a retrouvé un beau matin il y a sept mois, au bout d’une corde. Cet événement n’a pas arrangé les économies de la famille, sous le poids des dettes qu’elle ne pouvais plus couvrir, Madame s’est écroulée et a rejoint son mari. La cérémonie a eu lieu il y a deux jours. Évidemment la maison va être vendue alors il va falloir partir. Maman a retrouvé du travail dans une petite ville toute proche. Je n’irai pas avec elle. Je sais que tu aurais voulu qu’on se réconcilie, mais entre nous tout n’a fait qu’empirer. Un jour, n’en pouvant plus, je suis allé dans sa chambre sans qu’elle ne s’en aperçoive. Si je suis venue, c’est surtout pour te parler de ce que j’y ai découvert.
La jeune femme marqua une courte pause avant de reprendre.
-J’ai toujours aimé ta façon de présenter l’Art du Dessin, même quand tu me coupais la parole… Mais j’en ai découvert une autre facette. Plus sombre. En lisant le journal de ma mère j’ai pu répondre à toutes mes questions… Tu sais que mon père était dessinateur ? Lorsque ma mère l’a connu il était élève à l’Académie. Apparemment il était plutôt doué, même trop. Il faisait beaucoup de progrès, mais par responsabilité, il a arrêté d’étudier lorsque je suis né. A partir de là ça n’a été qu’en empirant. Il ne supportait pas cette vie, alors il a cherché à recommencer ses études. Mais sa vision des choses avait changé ; il voulait le pouvoir. Il souhaitait devenir de plus en plus puissant peu importe la manière. Leur relation avec maman a empiré et c’est ainsi qu’une nuit il est partit en nous laissant toutes seules.
Cette fois-ci, Kya marqua une pause plus longue puis se pencha en avant. Avec le bout de ses doigts elle effleura une petite dalle de pierre où il était inscrit un nom ; « Bibelot ». La jeune femme y déposa la bouteille de lait et repris.
-Je te l’ai dit. J’ai toujours aimé ta vision du Don. Mais celle que je connais maintenant est trop dure pour moi. J’ai l’impression d’être comme mon père… Et ça je ne le supporte pas. Je crois que je n’arrive plus à dessiner. Tu vois, maintenant il y a comme une immense porte cadenassée qui m’empêche d’accéder à l’Imagination. Et je n’en ai malheureusement pas la clef... J’ai peur de ce que je te dis, mais j’abandonne. C’est trop. Au village il y a un marchant qui part demain matin pour Al-Jeit. Le voyage est long mais il a accepté de m’emmener là-bas. Je vais y refaire ma vie et je ne dessinerai plus. Je suis désolé. Je ne pourrai sûrement plus revenir te voir non plus… Adieu.
Ainsi, la silhouette s’en alla sous la pluie battante et ne revint plus.

- De nos jours -

-Ahlala… Quel temps !
Kya sursauta. Perdue dans ses pensées elle avait complètement oubliée son « client ». Ce dernier avait d’ailleurs commencé a inspecter tout le bric-à-brac de la boutique. Actuellement, il examinait précautionneusement une minuscule bouteille de lait caillé.
-C’est pour la chance en amour. lança la vendeuse d’un ton monocorde.
Le client la regarda avec des yeux pétillants.
-Et ça marche vraiment ?
-Oui, oui tout à fait, répondit-elle toujours sur le même ton. Vous en buvez cinq treizièmes du flacon, vous attendez un quart de jour sur la pointe des pieds. Ensuite vous faites trois roulades en avant. Vous chantez une chanson d’un air joyeux et ensuite vous faite le pendu pendant douze heures et c’est bon.
Le client sembla quelque peu découragé…
-Euh… Et sinon c’est combien la bouteille ?
-C’est marqué en dessous.
Le client sursauta.
-Euh vous êtes sûre que…
-Tout à fait. repris Kya d’un ton enjoué. Et si c’est votre première fois et que vous n’êtes pas sûr, je vend un petit coffret avec le livre qui résume les explications, un verre mesureur pour ne pas se tromper dans les dosages, un réveil réglé avec les étoiles pour être à l’heure dans les horaires, des chaussures à très hauts talons pour rester sur la pointe des pieds sans se fatiguer, des tapis molletonnés pour les roulades avec tout un assortiment de housses aux motifs chic, les paroles de la chanson à chanter et une pommade pour soulager les ampoules aux mains une fois que vous aurez fait le pendu. Le tout pour le même prix, mais multiplié par cinq ! Une offre exceptionnelle !
Le client sembla désappointé…
-C’est que…
-Et en cadeau ! le coupa Kya d’un ton enjôleur tout en se rapprochant de son client. Puisque vous dépassez ainsi la somme privilège de notre magasin vous gagnez une de mes mèches de cheveu ultra résistante, porte bonheur, à câliner le soir avant de s’endormir.
Ainsi, après avoir été câliné et embrouillé pendant un certain temps le fameux client repartit avec son coffret, une mèche de cheveux et sa bourse vide. Finalement pas si mal comme journée.






Ϫ The one behing the screen Ϫ
Ϫ Some information Ϫ
♣️ Prénom • Anaïs
♣️ Pseudo • Kya Tilin
♣️ Avatar • Fan Bing Bing
♣️ Que penses-tu du design ? Très sympa ! Mais… C’est moi ou le fond change tout le temps ? ^^’
♣️ Un commentaire ? • Ca fais longtemps que je n’ai pas rp, alors j’espère que ça va revenir vite. Mais ce joli fofo est très accueillant alors il n’y a pas de raison ! Happy


fiche par romane de artsoul


fiche par romane de Artsoul


Dernière édition par Kya Tilin le Ven 17 Aoû 2012 - 20:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Lun 6 Aoû 2012 - 21:54

Hey Kya ! Bienvenue et merci de ton inscription Happy
Je te souhaite bon courage pour finir ta fiche, hâte de lire en tous cas ! Et désolé pour le fond, je faisais des test
Si tu as la moindre question, n'hésite pas
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Mar 7 Aoû 2012 - 9:05

Bienvenue
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Mar 14 Aoû 2012 - 9:05

Merci beaucoup ! Happy J'étais partie en vacances mais je suis de retour pleine de motivation pour finir l'histoire. Avec un peu de chance je vais pouvoir la poster aujourd'hui x3
Et t'en fais pas pour le fond, je plaisantais, le design est vraiment super.
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Mar 14 Aoû 2012 - 22:34

Super ! J'ai trop hâte de lire Préviens quand tu as fini
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Sam 18 Aoû 2012 - 1:31

J'ai adoré l'histoire ! Le début est assez tragique quand même
Je te valide sans hésiter ! ~

Félicitation, Tu es validé !
Tu peux maintenant commencer à jouer en faisant tes fiches de liens et de topic ainsi qu'en recensant ton avatar ici. En cas d'absence merci de nous prévenir ici. Si tu recherches un partenaires de rp, tu peux toujours faire une demande générale de rp et les autres membres se feront un plaisir d'y répondre ! Tu pourras ainsi te trouver un groupe pour pouvoir commencer ta première Quête.
Bon jeu parmi nous <3
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Sam 18 Aoû 2012 - 16:59

Kyaaaaa ! Coucou, enfin là *ok je sors* ! On va rp hein ?
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   Mer 22 Aoû 2012 - 16:56

Merchi beaucoup !! ^^ Par contre pour une fois qu'il n'y a pas de mort ou d'amour impossible dans une de mes histoire, on arrive encore à me dire que c'est tragique... M'enfin j'assume ! XP
Et oui ma très chère Liara, je compte bien rp avec toi ! (Héhé ! Prépare toi à débourser ! Nierk)
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MessageSujet: Re: Kya Tilin - l'art de tenir boutique   

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Kya Tilin - l'art de tenir boutique
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